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Historique du plan d'eau de Courtavon

Il aura fallu attendre les années 1970 pour que l'idée d'accueillir des touristes arrive dans notre canton. Jusqu'alors, seuls les gens qui s'étaient implanté dans d'autres régions ou pays profitaientde la saison estival et des vacances pour passer quelques jours dans leurs familles ou encore nospetits citadins qui passaient l'été dans les colonies de vacances Don Bosco, Moernach ou le Blochmont. Quelques camps de scouts pendant les vacances et enfin les campeurs d'Alsace qui venaient en Rallye au Morimont.


C'est alors M. Alphonse JENN Maire de Ferrette est l'élu du Canton : Député et Conseiller général. D'un tempérament dynamique, il mettra toute son énergie et son savoir à l'évolution de notre Canton. En matière d'économie intérieure, il comprendra très vite que le tourisme est un atout important pour un Canton rural, proche des grandes villes qui nous entourent. Une idée qui n'est pas encore partagée par beaucoup de ses concitoyens. En effet, nous sommes encore dans les années florissantes pour l'économie : Peugeot, les usines de Delle, Saint-Louis, Altkirch, la Suisse. Tout le monde est content de son train de vie : partout le plein emploi est encore là. Les temps auront vite changé. L'idée de notre élu continue à germer et aboutit au projet de création d'un site touristique qui en l'occurrence sera un plan d'eau. A cet effet, un premier site se dégage : il s'agit de la roselière entre Levoncourt et Oberlarg. L'endroit s'y prête : digue existante, profondeur, passage de la Largue et en prime au-dessus le château du Morimont. Mais ces terres appartiennent à une famille d'industriels du Territoire de Belfort, la famille Viellard qui ne veut en aucun cas céder ces terrains. Le coup est rude : trouver un autre site n'est pas une chose facile. Mais voilà qu'une opportunité se présente : la commune de Courtavon décide de procéder au remembrement de ses terrains. Or, sur le ban de Courtavon, juste au bas du bois de la Digue, se trouve l'ancien Grand Etang de notre seigneurie du Moyen-Age alors asséché. Il faudra reprendre l'ensemble du dossier, mais M. JENN est toujours aussi motivé. Si bien qu'au bout de plusieurs années de discussion, un Syndicat intercommunal est créé, regroupant 14 communes du pourtour. Le SAFER d'Alsace possède une superficie importante de terrains sur Courtavon. Ils sont remembrés à cet endroit, si bien que notre syndicat pourra acheter 33 ha de terre en négociant également avec quelques propriétaires privés.


La création du plan d’eau peut commencer...

Le syndicat étant devenu propriétaire, il faudra encore de multiples réunions pour convaincre nos élus de créer un plan d'eau. Il faudra pour cela trouver le budget nécessaire, soit 1 million de F. + 400 000 F pour la viabilisation (eau potable, électricité). Le département nous apportera une aide considérable puisqu'il décide de rembourser 75 % de la dette à contracter et cela pour une durée de 20 annuités. Malgré tout, le budget n'est pas encore clos. Le hasard aura voulu que deux hommes se rencontrent à Paris : M. JENN, Député et M. SEILER, Président de la Fédération de pêche de Haut-Rhin. Cette dernière nous apportera 300 000 F de fonds propres pour boucler le budget en contrepartie la Fédération obtient, par bail emphytéotique de 30 ans, le droit de pêche sur les deux grandes rives avec l'obligation de construire un chalet et d'y loger un garde-pêche. C'est alors que le syndicat donnera le feu vert pour le début des travaux : 18 ha seront creusés, la rivière « la Largue » sera détournée en amont du plan d'eau, des milliers de m3 de terre seront déplacés. La digue historique déjà en place est testée et pourra reprendre sa vocation initiale en retenant cette fois environ 400 000 m3 d'eau. Un déversoir devra encore être aménagé. Après une année de travaux, le plan d'eau sera enfin prêt à être rempli d'eau. Ce sera fait vers la fin de l'année 1979.


Accueil touristique – Installations...

Suivent alors des années de longs débats infructueux ou aucune décision n'est prise. En 1982, M. JENN décide de mettre un terme à sa vie politique. Nous sommes à une échéance électorale : M. Félix HUBLER, alors Maire de Durlinsdorf, accède à la présidence du syndicat cependant que M. SCHOULLER maire de Courtavon continue à en assurer la vice-présidence. L'idée de l'époque est d'organiser des fêtes champêtres sur le site. Une dizaine de barques pour deux personnes seront achetés. Mais surtout, on recherche un promoteur prêt à investir sur le site en matière d'hébergement léger. Plusieurs pistes sont étudiées sans aboutir et rien ne sera investi.


Réalisation...

L'échéance électorale suivant c'est-à-dire en 1989, Joseph GISSINGER, maire de LEVONCOURT accède à la présidence du syndicat avec à ses côtés deux vice-présidents : M. Jean STHELIN, maire de Courtavon et Bernard BRUGGER, maire de Ligsdorf. La volonté devient unanime de réaliser enfin un vrai accueil touristique. Il faudra une année pour trouver des idées de faisabilité mais aussi pour obtenir les crédits nécessaires, l'idée étant que les retombées économiques générées par l'investissement des fonds publics et de nos communes profitent directement aux villages du syndicat. Cette idée est applaudie et adoptée.
Il faut donc commencer à réaliser les équipements : au printemps 1990 le syndicat crée une petite plage en amont du plan d'eau avec accès à l'eau pour faire trempette. Un ponton est aménagé pour recevoir dix pédalos achetés dans la foulée. Pour animer tout cela, une association de gestion et d'animation est créée. Elle réunira les présidents et vice-présidents des associations dynamiques des communes membres du syndicat. Son but est de faire de l'accueil touristique sur le site durant les week-ends de la saison estivale, de mesurer ainsi l'impact de cet accueil et par voie de conséquence la fiabilité de nouveaux équipements et surtout la rentabilité qui reste primordiale pour l'intérêt qu'allaient y porter nos associations. Un planning de permanences est alors mis en place pour la saison estivale (mai à septembre) où chaque week-end, une association viendra proposer des animations aux visiteurs : outre les pédalos, il y aura la buvette et la restauration. Au début cela se fera dans un chapiteau de fortune que la Brasserie qui nous fournissait les boissons avait bien voulu nous mettre à disposition gracieusement. Très vite ces animations auront beaucoup de succès parmi les touristes de l'été, les familles ou de nombreuses personnes venant des régions ou des pays voisins. Ils viendront passer un moment de convivialité et de détente : bronzage, baignade, pédalos, sans oublier la buvette et la restauration.
Très rapidement nous sommes dépassés par le nombre de plus en plus important de visiteurs qui traversent les frontières voisines. Nous en prenons note et nous avons compris l'intérêt économique de ce site du Plan d'eau. Il faut donc penser à un équipement plus adapté avec des constructions en dur. Le tout doit être intégré dans un programme durable d'aménagement de loisirs et pour cela un projet solide prendra forme. Il comprendra notamment :
L'aménagement d'un bassin de baignade séparé du Plan d'eau par une digue pour des raisons de propreté et de sécurité surtout pour les petits;
Une salle d'accueil de grande dimension avec accès tout autour et notamment par une terrasse sur l'eau;
Une cuisine équipée et un local de stockage des boissons avec appareils réfrigérants;
Création d'un camping *** sur deux hectares avec bloc sanitaire. L'accueil au camping se fera par un petit chalet en bois typique construit par un artisan de la région.
Tout cela bien sûr n'a pu être réalisé que grâce à un financement très important : 5 millions de Francs environ.
Heureusement l'entrée dans l'ère européenne. Notre dossier est le seul dans le Sundgau à être éligible aux fonds Interreg. Il ne faudra pas rater le coche et ficeler rapidement le dossier pour le transmettre à la région de Strasbourg. Pour cela, il nous faut aussi un partenariat avec un pays voisin. Nous avons alors parmi nos amis et supporters, M. Francis ERARD, ancien Député et Directeur de Pro Jura. Il sera un interlocuteur privilégié dans les négociations tendant à obtenir l'adhésion de la République et Canton du Jura à notre projet. C'est ainsi que nous aurons un accord verbal de M. François LACHAT, alors Président de cette Administration et très vite une convention de coopération frontalière est signée entre la République suisse et le Département du Haut-Rhin. Grâce à cette convention nous avons obtenu les aides suivantes sous forme de subventions :
40 % de Fonds européens (Programme Interreg)
30 % du Département du Haut-Rhin
5 % de la Région d'Alsace
les 20 % restant ayant été financés par les fonds propres du syndicat
Tout cela nous a permis de réaliser cet important investissement et c'est ainsi que le plan d'eau de Courtavon est devenu le 1er site du tourisme estival dans le Sundgau.
Au fil des années, nous y avons ajouté des jeux de plein air pour les enfants, 5 pédalos supplémentaires et surtout un Port miniature avec une flottille de 5 bateaux électriques qui permet à tous, grands et petits de s'adonner aux joies de la navigation.